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MEDBREIZH 2016 - Phase 4 : Après Brest 2016, de Morgat au golfe du Morbihan...


Du 20 au 24 juillet

 

Bonsoir à tous,

Brest 2016 s'est achevé, mais MedBreizh continue.
Après avoir tourné à gauche une fois doublé le cap de La Chèvre, l'escale de Morgat clôt une phase et ouvre l'après des fêtes maritimes. Plein de gazole et d'eau, avitaillement de frais et de liquide, mouvement de passagers et d'équipière, tout se passe au mieux. Même la passerelle du ponton se met en sourdine pour la nuit, et la fête locale s'achève à une heure raisonnable. La nuit est douce.

Mercredi 20 juillet : appareillage en douceur à 08h30, au moteur faute de vent, vers l'île de Sein, où nous mouillons en début d'après-midi. Les bateaux du feu père Jaouen appareillent, Bel Espoir en tête. Des curieux les remplacent. Notre Président reste à bord tandis que le reste de l'équipage gagne la terre mythique de cette île faite "Compagnon de la Libération". Le temps est radieux, l'eau d'une transparence inattendue mais normale pour les habitués, laissant voir les laminaires et autres algues qui constituent l'une des richesses de l'île. En ce début d'après-midi, rares sont les promeneurs, et de toute façon ils ne seront pas si nombreux. Pèlerinage vers le monument de la Résistance, puis vers le phare de Sein, enfin visite à La Chapelle St Corentin reconstruite il y a 40 ans. Les marins avaient autrefois l'habitude de tourner la crosse du Saint en habit épiscopal vers la direction dans laquelle ils voulaient que le vent les poussent.
La nuit est calme, à peine bruitée par un léger clapot qui s'atténue avant le jour.

Jeudi 21 juillet : appareillage à 07h00 pour franchir le raz de Sein avec le courant. Le bateau accélère tandis que La Plate d'un côté, Le Chat de l'autre, défilent à  8 nds. Nous sommes au moteur, car le vent demeure très timide. La baie d'Audierne paraît toujours démesurée en dépit de l'aide du courant, mais bientôt le phare d'Eckmühl apparaît, puis la pointe de Penmarch et les entrées redoutables mais bien balisées de Saint Guénolé et du Guilvinec. Nous serrons à gauche tout en respectant le balisage pour mieux voir la côte. La mer est lisse, et l'on peine à imaginer la furie des vagues lors des coups de suroît. 
Nous ne sommes pas seuls. Nombreux sont les bateaux en route vers la Bretagne sud après avoir passé la semaine en rade de Brest.

Loctudy est dépassé, l'entrée de l'Odet se devine au nord, toute la baie de Concarneau se dessine devant, et nous sommes aux Glénans. Il fait beau et chaud, des dizaines de bateaux sont au mouillage dans l'archipel, la plupart  sur les corps-morts entre les îles de Saint Nicolas et de Bananec : le mouillage de la Chambre est saturé. Le banc de sable encore découvert qui relie les deux îles est presque aveuglant, et l'eau d'une rare transparence. L'appellation de lagon n'est pas usurpée. Nous restons un peu à l'écart, au mouillage de La Pie, tirant d'eau oblige, bientôt rejoints par d'autres plaisanciers. Mais le calme domine, et la nuit est d'une absolue tranquillité.
 
Vendredi 22 juillet : le vent est parti en vacances, aussi la maison Diesel est de nouveau sollicitée pour rallier Port Tudy, le port principal de Groix, où Diadem accoste à l'heure du déjeuner, à couple d'un superbe Centurion 45S. C'est une chance d'être au ponton à cette période de l'année, un peu à l'écart des mouvements incessants d'annexes, et des remous du bateau qui relie l'île à Lorient, face à la proue imposante de la vedette de la SNSM prête à secourir l'inconscient, l'imprudent ou le malchanceux. Un parfum de marée exhalé par des caseyeurs tout proches nous rappelle que Groix est encore un port de pêche actif. 
Repas avalé, des vélos sont loués et cinq d'entre-nous explorent les chemins de l'île, vers le phare de Pen Men, le sémaphore de Beg Melen, puis la côte sud avec le trou du Diable, lequel semble aujourd'hui en villégiature. Nous découvrons ainsi de nombreux petits hameaux aux maisons léchées, des coins discrets où semblent se mélanger harmonieusement résidents permanents et visiteurs de quelques jours 
Une bière pour les uns, un cidre pression bien frais pour les autres en terrasse avec vue sur le port coloré font patienter avant la livraison des courses le long du bord.
Le dernier courrier s'est amarré pour la nuit, notre voisin a décidé de rester au port, et Port Tudy s'apaise avec le départ des derniers visiteurs du jour.
 
Samedi 23 juillet : le vent est presque là, un peu faiblard, mais suffisant pour faire de la voile. En route vers Houat. Il fait encore un peu frais et le vent est portant. Le vent arrière n'est pas l'allure favorite de Diadem, mais on manœuvre pour garder le génois en ciseaux, dûment tangonné, et la presqu'île de Quiberon offre bientôt sa côte découpée et parfois hélas enlaidie par des constructions hideuses. Le courant est désormais avec nous. Nous parvenons à ne pas être aspirés par La Teignouse, et longeons la litanie de roches jusqu'au passage du Beniguet le long de la face ouest de Houat. D'un coup la vitesse passe de 3 à 7 nds sur le fond, et nous sommes devant Houat. La pointe NE de l'île est contournée à faible distance pour aller mouiller devant la plage de Treac'h ar Goured où 100 à 150 voiliers ont eu la même idée. Mais il y a de la place et le calcul du rayon d'évitage est plus vite fait qu'à la plage d'Argent à Porquerolles. Pendant cette pause, me groupe électrogène est essayé avec succès : on peut passer l'aspirateur, et les glaçons sont garantis lors d'un mouillage forain !
Le vent a un peu fraîchi, et la température itou, mais il mollit dans la soirée, et la nuit s'annonce belle. 
 
Dimanche 24 juillet : nous écourtons la grasse matinée du dimanche pour trouver un coffre à l'entrée du petit port d'Houat. C'est chose faite à 09h00, et tout le monde est à terre avant 10h00, avant l'arrivée des excursionnistes venant du continent. Le village se prépare à une journée de festivités diverses, avec brocante, dégustation de spécialités, spectacle en soirée. Il fait déjà chaud, et la lumière du matin fait resplendir les couleurs de la côte et de la mer. Le sentier des douaniers tout autour de l'île donne un point de vue différent à chaque pas. 
Les vedettes déversent leur chargement de visiteurs. Il est temps de regagner nos pénates. L'escale est trop courte.
Un apéritif, un déjeuner et une sieste plus tard, il est temps d'appareiller pour retrouver Embellie V à l'entrée du golfe du Morbihan. La brise est là, légère mais suffisante pour traverser la baie de Quiberon à la voile, avec l'aide du courant de flot. Nous en profitons pour essayer la barre de secours : une fois compris le fonctionnement, on s'y fait mais il faut rester concentré, et les sensations sont réduites !
Pendant que nous musardions en Iroise, Embellie a fait route au sud. Comme nous Alain Courau a relâché à Morgat, avant de faire route le lendemain vers Loctudy, sans doute en manque de langoustines ! Puis les Glénans et Riec sur Belon en compagnie d'Antares, Larmor et Groix dans la crique des Sables Rouges, couleur due à la présence de grenat. Juste à l'ouest de la crique s'étend au pied du phare de la Croix une plage convexe, paraît-il unique en Europe, qui passe d'un côté à l'autre de la pointe au gré des courants et des tempêtes (lire l'article sur Groix dans Voiles Magazine d'août 2016).  Puis une magnifique navigation de nuit, comme dans les romans, mais sous spi, est une première expérience pour les jeunes de la famille Courau entre Groix et Belle Île, avant de rallier La Trinité pour une brève escale, et retrouver Diadem à l'entrée du golfe du Morbihan.
De son côté, Antares est resté à Lorient, préoccupé par une fuite du presse-étoupe jugée un peu excessive.
 
À très bientôt dans le golfe du Morbihan.

Jean Michel L'Hénaff

 

 
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MEDBREIZH 2016 - Phase 3 : Brest 2016, au devant de l'Armada !


Le 19 juillet

 

Mardi 19 juillet : appareillage à 08h00. Peu voire pas de vent, mais ciel limpide et soleil déjà chaud. De nombreuses voiles animent le goulet. Nous embarquons trois passagers et mettons le cap vers la sortie. Entre la pointe des Espagnols et la Cormorandière, accélération jusqu'à 8 nds : le courant est bien là où nous l'avions laissé il y a quelques (dizaines!) d'années.

La route le long de la côte sud du goulet est l'occasion d'un cours d'histoire des fortifications de la rade. Quels travaux, quelle ingéniosité pour se défendre et anéantir l'assaillant !
La flotte grossit et, positionnés sur l'avant de l'armada encore dans le goulet, nous avons toute liberté pour nous placer au meilleur poste d'admiration possible une fois les Tas de Pois franchis.
Prudemment, L'Hermione passe au large des Tas de Pois, suivie par les deux goélettes de la marine, l'Etoile et la Belle Poule, tandis que des voiliers plus petits mais encore imposants procurent des images impressionnantes entre les rochers.
Puis laissant Douarnenez aux héros de la fête, route vers Morgat d'abord pour déjeuner dans une crique accueillante, puis pour débarquer nos passagers, faire le plein de carburant, quelques courses et permettre le départ de Françoise. Hubert Pinon y retrouve la saveur d'une villégiature ancienne avec son "Paprika".
Tout cela donne de l'appétit et le reste d'huîtres met s'il était besoin la gamelle au niveau du spectacle.
Belle pêche, et belle persévérance pour ouvrir tout cela.
Brest 2016 est terminé. Diadem se prépare à retrouver les contrées méridionales bretonnes. 
 
Jean Michel L'Hénaff.
 
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MEDBREIZH 2016 - Phase 3 : Brest 2016, escapade à terre !


Du 17 au 18 juillet

 

Dimanche 17 juillet : aujourd'hui, priorité au tourisme balnéaire. En route vers la plage de l'Aber, en baie de Douarnenez. Chaleur, lumière, paysages sauvages quasi-intacts sont notre decor. Un premier bain en guise d'apéritif et un solide pique-nique sur le sable servent d'entrée en matière. La température incite à une nouvelle baignade, en quelque sorte digestive. La mer a monté de quelques mètres et sa température paraît encore plus agréable que le matin. Le flot ayant rétréci la plage, il est temps de se diriger vers le cap de la Chèvre. La bruyère en fleur, la verdure de toutes les nuances de vert, les jeux de couleurs de la mer et du ciel font parfois douter que l'on est à l'extrême pointe de la Bretagne.

Près du sémaphore, le promeneur se recueille un instant devant le mémorial des marins morts en service aérien commandé. Vers le nord se détachent les Tas de Pois et plus loin la pointe St Mathieu. Vers l'est et le sud nous embrassons toute la côte de Morgat à la Pointe du Raz en passant par Douarnenez.

Lundi 18 juillet : préparatifs d'appareillage. Plein d'eau, dernières courses, toilette approfondie, restitution d'une voiture louée. Hubert Pinon fait de son côté le plein d'huîtres sauvages à Pen ar Vir.
Tout ceci est  précédé de la visite du simulateur de navigation, remarquable outil pédagogique, suivie d'un pèlerinage au rez-de-chaussée de la tour de commandement. Nous y retrouvons le hall d'honneur, où la charpente représentant la coque d'un grand voilier est intacte.  Hubert Pinon retrouve son ancien bureau, désormais vide car la tour a été évacuée pour cause de péril. Elle devrait être prochainement détruite.
En début d'après-midi nous quittons l'Ecole Navale. Un grand merci à elle, à son commandant, aux officiers et officiers-mariniers qui ont préparé ce séjour et l'ont rendu agréable à nous et aux bateaux du Yacht Club de France présents aux fêtes brestoises.
Nous retrouvons en rade la foule de voiliers, avant de rejoindre Roscanvel pour y passer la nuit, poste avancé pour la parade du lendemain vers Douarnenez.
Apéritif à terre avec les huîtres que le Président a ouvertes dans l'après-midi associées à un bon muscadet, dîner à bord dans le cockpit avec la vue sur une rade moins animée, il est temps de dormir pour apprécier comme il se doit la journée de demain
 
À suivre...
 
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MEDBREIZH 2016 - Phase 3 : Brest 2016 !


Du 13 au 16 juillet

 

 

Bonjour ensoleillé de la rade de Brest,

Mercredi 13 juillet : incertitude. Comment la météo va-t-elle évoluer ? Le ciel est incertain. Mais L'Hermione a embouqué le goulet de Brest et fait oublier les nuages. La flottille d'accueil grossit. Sous un soleil gris ardoise, la frégate apparaît, toujours majestueuse. Il lui reste encore un peu de toile que les gabiers réduisent au rythme de l'approche. Au Nord-Ouest, le ciel s'assombrit rapidement, et le grain attendu s'abat, avec rotation d'un vent solide et pluie violente. Tout le monde accélère, malgré des voilures réduites ou en cours de réduction. Un quart d'heure plus tard, tout sèche. La lumière lavée rend splendides la mer et les gréements de toutes sortes.

Diadem et Embellie V saluent la frégate et son commandant. L'Hermione va s'accoster en Penfeld, et nous mouillons devant la cale de Quélern, pour débarquer avec nos provisions chez une amie du Président. De la salle de séjour la vue sur la rade, où beaucoup de vieux gréements ont mouillé voilure haute, est magnifique. Puis nous faisons route vers l'Ecole Navale qui nous accueille pendant quelques jours, afin de libérer les places de la marina du Château pour les bateaux de caractère participant à Brest 2016. Antares vient ainsi prendre notre place au CNMB.
L'accueil de l'Ecole Navale est très professionnel : efficacité, rigueur des procédures en ces temps tourmentés, gentillesse du personnel de service. Le ponton très fonctionnel à l'abri des frégates désarmées garantit un séjour en toute sécurité. L'aide de camp de l'amiral Benoit Lugan, commandant l'Ecole Navale, nous remet les badges de rigueur et les détails du séjour sont réglés.
Une visite rapide du site fait apprécier l'évolution de l'Ecole tout en ravivant les souvenirs d'élève d'un certain nombre d'entre-nous.
 
Jeudi 14 juillet : temps radieux. Cap vers l'Aulne, l'abbaye de Landévennec et le nouveau pont de Térenez.
Après un aller-retour sous le pont, le déjeuner au mouillage en bordure de chenal, non loin de quelques bateaux condamnés, dont l'Aconit que commanda naguère notre Président, fait savourer le débouché en rade de Brest du canal de Nantes à Brest.
La rade que parcourent des centaines de bateaux se découvre après l'île Ronde. Cap vers le pont Albert Louppe, doublé d'un pont tout neuf du même nom, pour un dîner au mouillage dans l'Elorn avant le feu d'artifices du 14 juillet.
Vers 22h00, appareillage vers les digues du port de commerce. Des dizaines de bateaux ont choisi d'admirer les tirs d'artifices de la mer. Il fait frais, le soleil n'est pas encore couché, et chacun attend sans impatience les premières gerbes d'étoiles. Il faut jouer avec le courant, la dérive due à un léger vent et les mouvements des autres bateaux pour garder en sécurité son poste d'admiration.
Il est 23h45. La nuit est vraiment là. Le feu d'artifices vient de s'achever. Sans désordre ni précipitation, de nombreux bateaux se dirigent avec nous vers la marina du Château. Diadem doit y récupérer le midship de l'amiral, qui ne réussira pas à s'extirper de la foule sortant du port de commerce. Cap est mis sans lui vers Lanvéoc, où la marina de l'Ecole Navale nous accueille vers 02h00 du matin.
 
Vendredi 15 juillet : journée plaisir des yeux, altérée par la nouvelle du drame de Nice. Notre pays est une nouvelle fois atteint. Cet événement ne nous quitte plus.
Appareillage en matinée vers les voiliers qui paradent, puis mouillage entre les îles de Trébéron et des Morts, hauts lieux de l'histoire maritime de la rade. La première a servi de lieu de quarantaine pour les navires revenant de mission, et les morts étaient enterrés sur la deuxième. Eau émeraude, ciel bleu intense, nous partageons ce site avec Embellie V et d'autres bateaux. Puis nous rallions les voiliers qui paradent, plus nombreux que le matin, et savourons les images qu'ils nous offrent dans ces circonstances et ce cadre uniques.
 
Samedi 16 juillet : le pavillon national est mis en berne. Appareillage vers l'anse du Caro, sur la côte nord de la presqu'île de Plougastel. Nous sommes ainsi proches des voiliers qui vont sortir de Brest, tout en déjeunant dans une anse agréable aux couleurs sans cesse changeantes. Nous mouillons tôt, et heureusement car nombreux sont ceux à avoir eu la même idée. Apéritif pris, repas dégusté et vaisselle faite, Diadem rejoint ses camarades de jeu, les jeunes et surtout les moins jeunes qui paradent voilure haute. Il fait chaud, le vent est léger, la rade est magnifique. La plupart des grands voiliers ont appareillé, et beaucoup de plaisanciers sont sortis pour jouir du spectacle. Il s'agit d'être prudent car la circulation est dense.
Ce soir, nous offrons avec le Yacht Club de France un cocktail au cercle Borda à nos hôtes, l'amiral Benoit Lugan et les officiers auxquels nous devons ce séjour agréable en presqu'île. Qu'ils soient tous remerciés de leur concours et de leur disponibilité.
 
À suivre....
 
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MEDBREIZH 2016 - Phase 3 : En route vers Brest !


Du 9 au 12 juillet

 

Bonjour de la rade de Brest,

Tréguier a ravi les regards. Beaucoup de visiteurs, majoritairement britanniques apprécient les rias bretonnes, avec ce mélange de la mer et de la terre sans cesse renouvelé. La descente du Jaudy est une nouvelle découverte, tant par les points de vue que par la lumière matinale qui révèle tous les détails du rivage.
Cap sur l'île Tomé devant Perros-Guirrec. Ne cherchez pas Sao, c'est un peu plus loin et pas cette année au programme. A l'abri d'un vent d'Ouest frisquet et du courant de flot non négligeable malgré un coefficient relativement modeste, la fin de l'après-midi prépare une nuit au mouillage que le vent faiblissant annonce sereine pour le skipper. Et une succulente soupe de poissons d'une célèbre marque bretonne ravit les papilles.

Samedi 9 juillet : le temps est gris, frais, et le vent d'Ouest sud-ouest, évidemment pile dans l'axe de la route pour rallier Roscoff. Après avoir tâté du courant de flot encore vigoureux entre Tomé et Perros, Benoit Coppin salue un membre de sa famille installé au-dessus de la plage, et la côte de granit rose défile. Le ciel bleuit franchement. Le granit rose prend des couleurs.  Ploumanach et son entrée aux rochers roses arrondis par des siècles d'érosion, Trégastel défendu par des amas de rochers parmi lesquels distinguer les petites bouées du chenal d'entrée n'a rien d'évident se succèdent tandis que les Sept Îles défilent à tribord.
Le vent faiblit mais les Triagoz et le plateau de La Méloine sont parés par un bord vers la terre. La baie de Lannion fait place à la baie de Morlaix que gardent cette fois sans blanchir les Chaises de Primel. Et le vent rentre pour un dernier galop vers le jardin colonial de l'île de Batz avant de mettre le cap sur Roscoff.
Nous attendent nos deux équipières, Lucette et Françoise, qui ont en deux jours fait la route de Toulon à Carantec en voiture. Cette dernière est bien utile pour les courses chez Leclerc. Et cerise sur le gâteau : les "demoiselles de Loctudy" (alias langoustines) nous attendaient pour un dîner de roi préparé par Xavier et nos compagnes.

Dimanche 10 juillet : la météo fait grise mine. Ciel gris, vent dans le nez, quelques averses finalement peu nombreuses, les premières heures de mer de nos épouses sont éprouvantes. D'autant que le moteur reste en route pour justement faire de la route dans la bonne direction et avoir une chance de trouver une place à l'Aberwrach. La récompense est au bout. D'abord la vision somptueuse du bateau fétiche brestois, La Recouvrance, qui sort sous voiles de l'Aberwrach avec de nombreux passagers, pour faire rapidement demi-tour et les ravir par un chenalage tonique vers le port. Nous naviguons de conserve et découvrons en arrivant deux grands voiliers néerlandais à couple sur coffre. Une foule d'autres bateaux plus ou moins anciens sont présents pour une dernière escale avant Brest. Sur son corps-mort, loin des quais où la fête bat son plein, Diadem se prépare à retrouver l'Atlantique le lendemain.

Lundi 11 juillet :
Le vent a un peu tourné pour venir vers l'Ouest. Appareillage deux heures avant la pleine mer. Un peu de louvoyage, courant sur le nez, illustre les schémas appris il y a longtemps sur l'effet du courant sur la route et le vent relatif. Nous ne sommes pas seuls.Tout ce qui converge vers Brest nous accompagne.
Le chenal du Four met un peu de temps à s'ouvrir à nous, mais le jusant aide bien. Heureusement, car le vent faiblit, avant de retrouver de la vigueur entre La Valbelle et l'entrée du Conquet. Embellie V vient à notre rencontre devant la Pointe St Mathieu, après avoir fait la veille le tour d'Ouessant, puis repart sous spi vers la rade de Brest. Ça manœuvre à bord, sous la haute direction d'Alain Courau.
Diadem poursuit sa route, plus paisible, vers le goulet de Brest puis vers le hâvre de nos homologues brestois. Accostage un peu sportif avec un vent décollant renforcé devant une vedette que l'ancre agressive dissuade d'aller voir de près.
Beaucoup de beaux bateaux sont arrivés, mais il est temps de dîner.

Samedi 12 juillet : Xavier Desplats nous quitte, heureux d'avoir découvert la côte du nord de la Bretagne par la mer. L'avitaillement est fait, le bateau nettoyé. Notre président arrive, bientôt suivi de Jean François Perrouty et de Pierre et Marie Béatrice Le Boulicaut. L'équipage est au complet. Les fêtes brestoises peuvent commencer.

Jean Michel L'Hénaff

 

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